< dos

Dystrophie des bâtonnets secondaire à une mutation du gène PRPF31

Description

La rétinite pigmentaire (également appelée dystrophie des bâtonnets) regroupe un ensemble de maladies rétiniennes héréditaires, cliniquement et génétiquement hétérogènes. Elle se caractérise par un dysfonctionnement progressif de l’épithélium pigmentaire rétinien et des photorécepteurs, touchant initialement les bâtonnets puis les cônes. Elle se manifeste généralement par une baisse de la vision nocturne et une réduction du champ visuel périphérique, dès l’adolescence. La triade clinique classique comprend une atténuation antérieure, des anomalies pigmentaires rétiniennes en périphérie moyenne (généralement une hyperpigmentation sous forme de spicules osseux) et une pâleur cireuse de la papille rétinienne. Classiquement, l’électrorétinogramme (ERG) de champ complet révèle une diminution importante, voire une absence, des réponses scotopiques, ainsi qu’une diminution de la réponse photopique (qui peut être totalement absente aux stades avancés). Sa prévalence varie de 1 cas pour 3 000 à 1 cas pour 5 000. Elle peut survenir isolément – ​​plus fréquemment – ​​ou être associée à d’autres syndromes. Compte tenu de la grande variabilité génotypique, les modes de transmission autosomique dominant, autosomique récessif et récessif lié à l’X sont possibles. Même certaines maladies mitochondriales, comme le syndrome de Kearns-Sayre, peuvent se manifester par un phénotype de rétinite pigmentaire. Des cas isolés peuvent également survenir, parfois dus à des mutations de novo .

Commentaires

Le gène PRPF31 code pour une protéine impliquée dans l'épissage. Des mutations pathogènes de ce gène ont été associées à des modes de transmission autosomiques dominants de la rétinite pigmentaire (jusqu'à 2,5 % des cas au Royaume-Uni) avec une pénétrance partielle.

Indication

Deux fillettes, âgées de 6 et 11 ans, sont demi-sœurs du côté maternel. Elles présentent des antécédents familiaux de rétinite pigmentaire, avec de nombreux cas du côté maternel et une pénétrance incomplète (leur mère n'est pas atteinte). Elles font l'objet d'un suivi pour déficience visuelle en conditions mésopiques et scotopiques depuis leur plus jeune âge. Le patient le plus âgé présentait un œdème maculaire cystoïde et des spicules osseux ; le patient le plus jeune ne présentait qu’un anneau hyperautofluorescent au niveau de la macula. Les deux patients ont subi un séquençage de nouvelle génération (NGS), qui a révélé une hétérozygotie pour une variante potentiellement pathogène du gène PRPF31, cause probable de leurs phénotypes cliniques.